afrique du Nord

Dernière Nouvelles des Peuples,
le projet des amazigh

Au cœur du Haut Atlas occidental, les communautés Amazigh font vivre depuis des siècles un riche patrimoine culturel, nourri par les chants, les récits, les savoir-faire et les traditions transmis de génération en génération. Parmi ces héritages figure le Taskiwin, une danse villageoise traditionnelle. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2017.
Cette danse est bien plus qu’une pratique artistique, elle incarne la mémoire collective, l’identité et la fierté du peuple
Amazigh.

 

Aujourd’hui, cet héritage demeure précieux mais fragile. L’évolution des modes de vie et la diminution progressive des occasions de transmission menacent la pérennité de certaines pratiques culturelles. Afin d’y répondre, le projet de sauvegarde du Taskiwin de l’association Tamlalt a été mis en place avec un objectif simple : sauvegarder ce patrimoine immatériel rare.

 

Soutenu par Ligne Verte Terre de Paix et présenté lors du Forum des Peuples Racines 2025, ce projet s’articule autour de trois axes complémentaires : transmettre le Taskiwin aux jeunes générations, renforcer les connaissances des danseurs expérimentés et faire revivre cette pratique au cœur des villages où elle est née.


Profitant des vacances scolaires du mois de mai, quatre journées d’activités ont été organisées auprès de vingt-et-un collégiens et collégiennes du village. Chaque journée alternait temps éducatifs et séances consacrées à l’apprentissage du Taskiwin.

 

Au-delà de l’apprentissage des gestes, ces rencontres ont permis aux jeunes de se reconnecter à une pratique qui fait partie intégrante de leur culture.

 

Cette première étape a donné lieu à une expérience marquante : neuf jeunes danseurs ont présenté leur travail lors d’un forum consacré à la jeunesse et à la musique organisé à Agadir, à l’occasion de la Journée nationale de la musique du 8 mai. Une première scène pour ces adolescents, qui ont su porter avec fierté cette tradition devant le public.

Aujourd’hui, les répétitions se poursuivent.
Les jeunes présenteront prochainement leur spectacle lors des fêtes de fin d’année de leur collège puis du village, permettant ainsi à d’autres habitants de découvrir ou redécouvrir le
Taskiwin.



Renforcer les savoirs des danseurs expérimentés

Le deuxième volet du projet a débuté au mois de juin et s’adresse aux hommes adultes qui pratiquent déjà cette danse traditionnelle.

 

Plusieurs journées de formation intensive permettent de consolider les connaissances et de revisiter certaines formes anciennes du Taskiwin grâce à de précieux enregistrements réalisés dans les années 1970 et 1980 par l’ethnomusicologue française Miriam Olsen Røvsing dans le cadre des recherches du Musée de l’Homme.

 

Ce travail contribue à préserver une mémoire culturelle exceptionnelle tout en assurant sa transmission aux générations futures.


Faire vivre le Taskiwin au coeur des villages

Le troisième axe du programme, prévu pour le mois d’août, s’adressera à l’ensemble des communautés locales.

 

Dans différents villages, quatre représentations seront organisées dans le respect de la tradition : sans scène ni sonorisation, afin de retrouver l’esprit originel du Taskiwin. Tous ceux qui le souhaiteront pourront participer à la danse et partager ce moment collectif.

 

Au-delà du spectacle, ces rencontres permettront de replacer cette pratique dans son cadre naturel : celui du lien social, du partage et de la transmission.


Une tradition qui continue de s’écrire

À travers ce projet, les communautés Amazigh montrent que la sauvegarde du patrimoine immatériel ne consiste pas seulement à préserver les traces du passé, mais à faire vivre une culture dans le présent et à la transmettre 

aux générations qui viennent.

 

Les premières actions menées auprès des jeunes ont déjà permis de susciter un véritable enthousiasme autour du Taskiwin. Les prochaines étapes du programme viendront renforcer cette dynamique collective en associant danseurs expérimentés, jeunes générations et habitants des villages dans un même élan de transmission.

 

L’association Tamlalt tient à remercier chaleureusement Ligne Verte Terre de Paix pour son soutien dans la sauvegarde et la transmission de ce patrimoine ancestral. Une contribution qui permet aujourd’hui de faire vivre le Taskiwin, de renforcer les liens entre les générations et de préserver une part essentielle de leur identité.

 

Parce qu’une tradition ne disparaît que lorsqu’elle cesse d’être transmise, chaque génération a un rôle à jouer pour faire vivre cet héritage exceptionnel.